Archives mensuelles : mars 2015

Swag de l’infini, partie 3 : une porte intérieure

Précédemment dans « Swag de l’infini » :
Partie 1 : faire taire le mental
Partie 2 : vivre et modéliser
« Et quand le mental se tait, on entend autre chose, un autre monde qui hurlait depuis toujours pour se faire entendre, et qui attendait patiemment que peut-être un jour, une oreille se tende. »

Car en effet ce quelque chose d’autre qui existe, que l’on n’entend bien que dans le silence, ce quelque chose est là en permanence. Et je peux le laisser être à volonté, il me suffit de faire taire le mental, de cesser mon monologue intérieur, de cesser de chantonner dans ma tête. Si j’arrive à oublier tout ce que je sais, je l’entends encore mieux. Si j’arrive à oublier qui je suis, je l’entends même encore mieux.

Je me demande si le « quelque chose » a toujours existé en moi. J’ai l’impression de l’avoir nourri de mes expériences, petit grain par petit grain. Je sais aussi que certaines de mes expériences l’ont mieux nourri que d’autres ; il s’agit de celles que j’ai vécues d’une manière particulière. Je serais tenté de dire vécues « en conscience ». Ou peut-être mieux, vécues « en plein acceptation ». Il s’agit d’expériences très variées, mais toujours intenses. Autant de joies que de souffrances. Avez-vous déjà vécu pleinement une souffrance ? En l’acceptant et en la trouvant bonne, parfaite, utile, sincère, à sa place ? Sans la rejeter, comme on a le réflexe de le faire, mais en acceptant si fort de la vivre qu’on entre en elle et qu’on s’en nourrit. Si oui, peut-être comprenez-vous ces quelques mots.
Alors, puisque ce « quelque chose » s’est nourri et a grandi, peut-être n’a-t-il pas toujours existé en moi. Si je me tourne vers lui pour le lui demander… Il me dit qu’il n’y a pas d’avant, ni d’après… J’abandonne donc cette question insensée.

Je me demande aussi si ce fameux « quelque chose » existe chez les autres. Je suis sûr que chez certains, il existe, puisqu’ils en parlent en des termes qui ne s’inventent pas. Mais chez le scientifique matérialiste, qui dissèque le cerveau pour y chercher la conscience, comment croire que chez lui aussi, il existe quelque chose qui pourrait le convaincre en un instant et pour toute sa vie que la conscience est autonome de la pensée ? Sans doute le mental de cet homme ne se tait-il tout simplement jamais.
Alors je me tourne vers mon « quelque chose » et je lui pose la question… Il me dit qu’il n’existe pas d’autre personne que moi…

Alors, qu’est ce que ce « quelque chose » ? Je l’ignore, et la question ne m’intéresse pas. Cette question n’a d’intérêt que pour tenter de vous le décrire, mais c’est indescriptible. Je ne peux que parler des effets secondaires, des dommages collatéraux, des reflets si l’on veut ; la nature de ce « quelque chose » ne peut que se vivre, pas se dire.

Je me suis toujours méfié des philosophes : ils parlent trop et je les soupçonne donc de ne rien vivre. Ils cherchent « l’essence » – c’est donc bien qu’ils ne l’ont pas trouvée.

Si on ne peut pas parler du « quelque chose », on peut parler des portes qui y mènent. Je crois qu’elles sont nombreuses, c’était un des sens de « tout ce qui monte se rejoint » (voir épisode précédent). Chez moi, et c’est sans doute très personnel, je distingue au moins deux portes.

Premièrement, le jeu de rôle, que j’ai pratiqué un nombre d’heures incalculable. Ce qu’on appelle aujourd’hui théâtre est un art vidé de son sens tant qu’il consiste à apprendre par cœur une pièce et à la jouer. Le théâtre des anciens était un théâtre d’improvisation, dont le jeu ne commençait ni ne s’arrêtait pas forcément sur scène, et ne comportait pas forcément de public. Il était donc bien plus proche du jeu de rôle, et permettait à ses pratiquant de prendre conscience, au-delà du temps du jeu, que toute la vie est un rôle ; ce qui conduit logiquement à se demander s’il y a un joueur.

Deuxièmement, le rêve lucide. Hanté chaque nuit par des cauchemars une grande partie de mon enfance, j’ai cherché et trouvé des techniques pour me sortir de mes rêves. La technique en elle-même demande un peu de volonté, mais sans excès. Il peut s’agir de s’efforcer d’ouvrir les yeux ou de matérialiser un objet particulier. La difficulté réside plutôt dans le fait même de penser à exercer la technique, ce qui demande de prendre conscience que l’on vit un rêve. Les manuels de « rêve lucide » vous le diront, c’est une question d’habitude. Mais le monde des rêves recèle plus d’un piège, et il n’est pas rare de se réveiller… Dans un autre rêve où l’on rêvait que l’on dormait ! Le rêve lucide mène donc très logiquement à se demander si la réalité est un rêve, comment on l’en distingue, si c’est possible ou non, mais aussi qui rêve la réalité, et comment se réveiller de la réalité.

Je suis persuadé qu’il existe beaucoup d’autres portes. L’hypnose, la drogue, l’effort physique intense, la contemplation, des méditations, des chants, des danses, des lieux, etc. Et toutes ces portes ne mènent peut-être finalement pas aux mêmes endroits. Ou peut-être que si. Si je les emprunte je vous en parlerai ; pour rien ; car vous ne comprendrez pas si vous ne les ouvrez pas ! :)

 

Edit du 01/04/2015 : merci Armelle de m’avoir soufflé un mot pour le « quelque chose » : « la source »

Swag de l’infini, partie 2 : vivre et modéliser

Précédemment :
Partie 1 : faire taire le mental

 

Je vais faire court :)
Cette partie m’intéresse peu mais je me sens obligé de l’écrire pour éclairer un propos peut-être un peu abscons.

Je voulais vous parler de ce que fait le mental ; il représente.

C’est à dire qu’il agit comme une sorte de surcouche au-dessus de la vie. Ce n’est pas lui qui expérimente le monde, non, lui il arrive toujours après la bataille, pour coller un modèle par-dessus et donner un certain sens, relier à des concepts, cartographier.

Observez-vous bien. Bien finement. Vous pouvez percevoir que la pensée arrive avant les mots.

Ok, ok, on va essayer ensemble.

Cessez de parler dans votre tête. Si vous n’avez pas l’habitude cela peut être difficile, cela dépend des gens. Aidez-vous en prenant conscience de votre respiration, si besoin, en vous concentrant dessus. Sans penser que vous respirez, juste, vivez votre respiration en y mettant votre attention. Bien. On se tait dans la tête, sans forcer.

A un moment une pensée revient. Pour moi, à l’instant, c’était « le vent souffle ». Que s’est-il passé précisément, chronologiquement :
1. J’ai vécu la perception du vent
2. La pensée « vent souffle » est apparu dans mon esprit
3. Les mots « le vent souffle » sont apparus dans mon esprit

Si vous n’avez pas perçu les trois étapes, recommencez, c’est intéressant. Vous ne percevrez peut-être pas ces étapes en temps réel (cela dépend je pense de votre habitude à séparer votre conscience en plusieurs morceaux, afin que l’un d’eux surveille les autres), mais vous pourrez sans doute les rembobiner et les revivre dans votre mémoire juste après.

Je vais partir du principe que vous avez senti ces 3 étapes afin de continuer :)

Vous voyez donc (hrm hrm) que la pensée se construit au-dessus du vécu et confronte l’expérience vécue à des schémas existants, puis à un vocabulaire limité.
L’expérience était d’ailleurs beaucoup, beaucoup plus riche que la phrase finale « le vent souffle ». Elle était aussi d’une nature bien différente. Votre vécu du vent n’a rien à voir avec cette phrase, finalement ; seul le mental fait le lien. Un anglophone ne se dira pas cette phrase.

Bien ; comprendre que l’étape 3 appartient au mental, c’est bon.
Pour l’étape 2 c’est plus fin, mais c’est pareil ; elle appartient déjà au mental. Quand je parle de l’étape 2 je parle de la pensée sans mots. Peut-être croyez-vous que cela n’existe pas. Je vous invite à vous entrainer à penser sans mots. Ne pas verbaliser ses pensées. Si vous n’avez jamais fait cela c’est un exercice difficile mais passionnant.

Et l’étape 1 c’est encore autre chose : c’est le vécu.
Faire taire le mental pour moi c’est faire taire les étapes 2 et 3.

Je me demande si tout cela a un lien avec St Thomas qui aurait dit selon son évangile qu’un enfant de 7 jours en sait plus qu’un vieillard au sujet du « lieu de la Vie ». le « lieu de la Vie », c’est l’étape 1, non ?

Bon ben finalement c’était pas si court… Et finalement j’ai bien aimé écrire cette partie là aussi :)

Dites-moi en commentaires ce que ça donne de votre côté ! Ce sera forcément instructif.

 

A suivre :
Partie 3 : une porte intérieure

Première livraison de matériaux

On a fait chauffer la carte bancaire !
Mais cette fois, c’est pas pour un iPad (euh j’ai jamais acheté de cette came moi…), c’est pour du beau sable de Loire 0/4, du beau gravier bleu 8/10, et du beau ciment 32.5.
J’avais jamais acheté 20 tonnes de quoi que ce soit. De toutes façons j’ai jamais eu assez de sous pour acheter 20 tonnes d’iPad (mais c’est quoi cette histoire d’IPad là, arrête). Lire la suite

Identification visuelle requise

Déchets bleus dans humusQu’est ce que c’est que ce beau bleu ?

Je l’ai trouvé sous un gros tas de cendre laissée par les prédécesseurs sur le terrain.

Est-ce qu’un visiteur calé en chimie saurait identifier ça à l’oeil ? On dirait des trucs qu’on faisait précipiter au lycée :)

J’en n’ai pas mangé promis, si je suis bizarre ça vient pas de là :)

Comment passer une aiguille dans une gaine

J’ai trouvé une méthode efficace pour remettre une aiguille dans une gaine qui n’en a plus (l’aiguille c’est le petit fil en nylon qui dépasse des deux côtés, qui sert à faire passer le fil/tuyau définitif dans la gaine).

L’idée : attacher un bout de la gaine en hauteur (dans un arbre, sur un toit, une fenêtre à l’étage). La fixer solidement. Tirer fort sur l’autre extrémité, restée au niveau du sol ; attacher solidement aussi, avec une bonne tension. Ensuite attacher une extrémité de la nouvelle aiguille à une barre de métal lisse (tringle à rideaux, tube de cuivre, …) ; le mieux est de fixer l’aiguille avec du scotch bien lisse et insérer cette barre de métal dans la gaine par le haut ; laisser glisser ! De temps en temps, si la gaine n’a pas assez de tension, aider un petit peu en vibrant, secouant, tirant, soutenant.

J’ai réussi à faire 25m de long avec environ 4m de hauteur, sans effort ! En cas de problème, appliquer les astuces habituelles : liquide vaisselle, savon, avancer par les deux bouts et accrocher, boulette de papier + aspirateur, etc… Vous trouverez des explications pour ces astuces facilement.

Il y a quelques mois un vieux m’a expliqué que dans le temps ils passaient directement les câbles dans des gaines de 50m en les tendant à bloc entre une barre à mine bien planté et un tracteur ! Haha j’adore les recette de papis :)

Bon tout cela ne fonctionne qu’avec une gaine libre, par une gaine déjà installée.

Désouchage mécanique

Et l’homme découvrit le pétrole… L’acier… L’hydraulique… Et il conçut des pelleteuses !
Bref ça va plus vite comme ça :

Beaucoup plus vite… La grosse souche : 25 minutes ; je pense qu’à la pioche il aurait fallu 2 jours + la débiter dans le trou pour pouvoir la sortir.

En fait la pelleteuse creuse tout autour de la souche, puis pousse gentiment avec le godet quand la douve est assez profonde (1m environ pour ces chênes de 40 ans). La souche s’arrache, il n’y à plus qu’à la remonter, toujours au godet bien sûr.

Maintenant les souches sont posées nonchalamment sur le côté, on va attendre gentiment qu’elles sèchent, que la terre tombe, et on débitera tranquillement du bois de chauffage dedans.

Désouchage à la pioche, pelle et hache

Emilien, Giad, vous vous souvenez de la fin de chantier vers 18h, avec la première souche presque enlevée ?

Et bien il restait environ 4 heures de travail pour la finir :)
Bon on n’a pas été très efficace, je pense qu’on a creusé trop profond et de tous les côtés, ce qui n’était pas si utile que cela. La prochaine souche j’essayerai de creuser sur 2 tiers de la circonférence environ, je pense que cela suffit pour attaquer le côté dégagé à la hache, et une fois bien affaibli, pousser par le côté opposé pour arracher la souche.

La photo de la souche retirée n’est pas très parlante à cause de la prise en plongé, mais le trou fait plus d’un mètre de large, et presque un mètre de profondeur.

Terrassement

Merci beaucoup Emilien et Giad pour avoir apporté votre concours à une étape des travaux qui n’est pas la plus ludique : le terrassement !

Aurélie, désolé pour le choix de l’emplacement du tas de terre :) Heureusement que tu es sorti inspecter le chantier pas trop tard.

C’était physique ! En tous moi cela m’a fait faire plus d’efforts que la plupart des chantiers. Pioche / pelle / brouette dans la terre qui colle, c’est pas facile.

Sur les photos ci-dessus on voit Giad qui fait son fameux « coup de la grelinette », à savoir remplir une demi-brouette d’un coup avec l’outil le plus large possible. Et ensuite en remettre un gros bloc au dernier moment, pile quand le pousseur de brouette démarre. Ok je viens de comprendre pourquoi c’était fatigant 😀